L'aspect frustrant des Echecs, c'est que souvent la frontière est infime entre la victoire et le match nul, parfois même la défaite n'est guère plus éloignée. Cette observation se vérifie d'autant mieux que la force des joueurs est équivalente.

Je rejouais certaines parties du tournoi d'été du CCC et celle qui opposait Jean-Philippe ORSONI à Ludovic UTRERA attira mon attention, le fait qu'elle oppose deux joueurs au style agressif n'est pas étranger à cela mitraillette.

Donc cette partie est une défense Scandinave. Au 14ème coup apparait une position sans les dames avec un avantage blanc qui repose sur un pion noir isolé en "e6". Si j'en crois ma base de données reflechis3, c'est une position qui est déjà apparue sur l'échiquier, elle est plutôt favorable aux Blancs.

Ce pion isolé n'en est pas moins un pion central et la stratégie des Noirs est de le pousser vers l'avant pour le contrôle de cases centrales dans le camp des Blancs. Mais rapidement, Ludovic va se détourner de cet objectif et gagner de l'espace à l'aile dame (23.b5). C'est alors que la partie prend une tournure tactique car le cavalier blanc en profite pour se faufiler dans le camp noir par l'aile dame.

Au 26ème coup, Jean-Phi gagne un pion grâce à une jolie combinaison. Le cavalier blanc laisse planer des menaces constantes obligeant les Noirs à placer leurs pièces avec beaucoup de précaution sans parvenir à trouver une coordination de l'action des pièces efficace.

Ludovic prend alors la décision de brûler ses navires samouraï, ses pièces fondent sur le roi Blanc à la recherche d'une hypothétique attaque de mat/pat.

 

 Orsoni-Utrera

 Les Blancs jouent et gagnent un pion. La solution est dans la partie au 26ème coup.

 

Voici donc mes analyses de cette partie, complétées par Fritz 6.

 

 

 

Le prochain billet sera consacré à l'analyse d'une partie de la phase finale du Championnat de Corse individuel 2011.